
Par Front Populaire, La Rédaction.
Cet article, signé par la rédaction, est paru hier, le 13 février. Principalement factuel, il n’appelle pas de commentaire. Souhaitons toutefois qu’aux municipales de 2026 – si elles ne sont pas reportées – les maires de la même mouvance qu’Éric Piolle soient renvoyés dans leurs foyers ou orientés vers d’autres fonctions où ils causeraient moins de dégâts.
ARTICLE. Une déclaration accordée à Libération par le maire de Grenoble ressort alors que la ville vient d’être durement frappée par une attaque à la grenade dans un bar d’un quartier sensible de la ville.
Ce mercredi 12 février, une attaque particulièrement violente a frappé Grenoble. Un homme, armé d’une Kalachnikov — dont il n’a pas fait usage — a pénétré dans un bar situé au cœur d’un quartier sensible de la ville. Sans un mot, il y a lancé une grenade, faisant quinze blessés, dont six en urgence absolue à l’heure où nous écrivons ces lignes. Puis a pris la fuite. Commentaire du maire de la ville, Eric Piolle, quelques instants plus tard sur X : « Je condamne avec la plus grande fermeté l’acte criminel d’une violence inouïe qui s’est produit dans un commerce du quartier du Village Olympique ».
Ironie du sort pour l’élu écologiste, c’est également ce mercredi matin qu’est sorti un article dans Libération, consacré au lien qu’entretiennent les maires écologistes avec les questions de sécurité. La citation d’Éric Piolle est terriblement éloquente. Accusé de laxisme, l’édile répond nonchalamment : « À vrai dire, je m’en fous un peu. Quand il ne reste que des attaques sur la sécurité et la propreté, ça veut dire qu’on a gagné quelques batailles par ailleurs, car on peut toujours se dire qu’une ville n’est pas assez propre et pas assez sûre ». Une désinvolture qui passe mal dans une ville secouée ces dernières années par la progression du narcotrafic, et où les épisodes de violences à l’arme à feu se multiplient. Et qui est un décalage complet avec la population: selon une étude Ipsos de janvier 2025, la « criminalité et la violence » arrivent en deuxième positions des préoccupations des Français après l’inflation.
Raillé depuis l’explosion de violence la veille, Eric Piolle tente maladroitement de faire marche arrière. « Oui, il y a un problème de violences à Grenoble. Il y a un problème d’emprise du narcotrafic. C’est déjà extrêmement ancien », explique-t-il au micro de BFMTV. Et d’estimer qu’il « y a une montée de cette violence des gens qui sont plus jeunes, plus armés et qui tirent aussi à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Ce qui, là aussi, est une évolution très inquiétante pour nous, élus locaux ». Inquiétante, oui, mais pas suffisamment pour que le maire n’ait souhaité agir vigoureusement par le passé.
« Un modus vivendi avec les dealers »,
Plusieurs griefs sont exposés à son encontre. Notamment la baisse du nombre d’heures d’éclairage la nuit, puis le refus persistant de l’élu d’armer sa police municipale. Car « en tant qu’employeur, [il] considère que les armer d’armes à feu, c’est les exposer à des missions qui ne sont pas les leurs et à des risques supplémentaires », expliquait-il en septembre 2024 au micro de BFMTV. Alors qu’Éric Piolle réclamait des moyens supplémentaires pour faire face au trafic de drogue dans sa ville en octobre 2024, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau lui avait sèchement répondu. « Ce que je voudrais déjà, c’est qu’Éric Piolle déploie beaucoup plus de caméras de vidéoprotection », avait déclaré le ministre de l’Intérieur sur France Inter. Le maire de Grenoble lui avait ensuit répondu sur France Info que la vidéoprotection « ne servait à rien » en matière de lutte contre le narcotrafic.
Éric Piolle ne peut être accablé de tous les maux, car une partie de la responsabilité de la sécurité dépend de la police nationale. Un agent municipal ne peut, sauf s’il est placé sous la responsabilité d’un officier de Police judiciaire (OPJ), effectuer un test du taux d’alcoolémie ou de dépistage de drogues. Pour autant, Piolle tient des positions parfois discutables du point de vue de la sécurité. En janvier, il réclamait à Emmanuel Macron l’organisation d’un référendum sur la dépénalisation du cannabis. « Il faut trouver un modus vivendi avec les dealers », considérait-il alors. Il critiquait par ailleurs la politique pénale rappelant que si « on met de plus en plus de gens en prison (…) le niveau du trafic est toujours aussi élevé ».
L’affaire du bar de Grenoble ne serait vraisemblablement pas liée à un acte terroriste d’après le procureur adjoint de la République de Grenoble. Les enquêteurs explorent plusieurs pistes dont celle d’un lien avec le trafic de stupéfiants ou de cigarettes. Pas de quoi inquiéter Éric Piolle qui en toute cohérence doit « s’en foutre un peu » ? En tout cas, de quoi nourrir un peu plus la colère d’une population dont un habitant sur deux estimait déjà en 2021 se sentir en insécurité. ■
Source