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« L’imbécile accusation de fascisme à laquelle s’expose toute personne qui déplaît au système ne tient pas dans le cas de Georgescu. »
Par Radu Portocala.
Ce matin, en Roumanie (26 février), les domiciles de plusieurs proches de Calin Georgescu (qui, on se souvient, a gagné le premier tour de l’élection présidentielle, le 24 novembre dernier) ont été perquisitionnés.
Tout à l’heure, Georgescu allait déposer sa nouvelle candidature en vue des élections reprogrammées en mai prochain. Sa voiture a été arrêtée par la police et lui-même a été interpellé et conduit au parquet. Selon les informations que donne la presse roumaine, il est entendu en qualité de suspect, soupçonné d’avoir mis les bases d’une « organisation fasciste en vue de déstructurer l’ordre constitutionnel ».
Je souligne (je l’ai déjà fait, mais il n’est pas mauvais de le répéter) que je n’ai aucune sympathie pour Calin Georgescu, auquel, pour plusieurs raisons, je ne fais aucune confiance.
Cependant, cette manière de l’écarter d’une élection qu’il aurait presque sûrement gagnée n’est certainement pas normale. L’imbécile accusation de fascisme à laquelle s’expose toute personne qui déplaît au système ne tient pas dans le cas de Georgescu. Mais elle est d’utilisation très commode, car basée uniquement sur des interprétations et spéculations.
La suite des événements nous montrera jusqu’à quel point cette démocratie avec laquelle on se gargarise depuis des dizaines d’années peut être annulée sans conséquences.
P.S. À Bucarest, Călin Georgescu a été inculpé. Les procureurs mettent en marche une action pénale contre lui. Il est accusé, entre autres, d’avoir « commis les infractions d’instigation à des actions contre l’ordre constitutionnel, diffusion de fausses informations, faux dans des déclarations concernant les sources de financement de la campagne électorale et la déclaration de fortune personnelle, constitution d’une organisation à caractère fasciste, raciste ou xénophobe ».
Si l’action va à son terme, il risque jusqu’à 25 ans de prison. Mais, de son côté, le pouvoir en place, à l’origine de cette décision mi-hysterique, mi-stupide, risque de faire face à une rébellion. ■ RADU PORTOCALA
Ce billet – comme toujours si bien écrit ! – est paru le 26 février sur la page FB de son auteur.
Radu Portocala est écrivain et journaliste, spécialisé notamment en Relations Internationales.
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