
Les grands mots et les effets de toge cachent mal toutefois une rage haineuse de procureurs croyant terrasser la bête, qu’ils nomment corruption, alors qu’ils sont en fait en croisade tout simplement contre le politique. Car derrière cela, c’est tout simplement une prise de pouvoir qui se confirme.
Par Florian Bachelier
COMMENTAIRE JSF – Cette courte tribune (Le Figaro, 29 mars) qui n’a pas été très « médiatisée » – et eût sans doute mérité de l’être – a le mérite de la clarté, de la fermeté et même d’une certaine radicalité, le tout contrastant avec l’habituelle faiblesse et procrastination d’Emmanuel Macron dès lors qu’il est question de nos relations avec l’Algérie. Alors qu’il se veut chef de guerre sur des théâtres plus lointains…
TRIBUNE – Florian Bachelier, avocat et ancien questeur de l’Assemblée nationale, appelle à durcir le ton avec le régime algérien. Cela passe selon lui par suspendre tous les accords bilatéraux avec l’Algérie, notamment ceux de 1968, pour repenser nos relations sur des bases égalitaires.
Florian Bachelier est avocat et ancien député LREM de la 8e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Il a été premier questeur de l’Assemblée nationale.
Une crise diplomatique assumée vaut mieux qu’une crise de régime larvée. Il n’y a plus d’autres choix que le courage. Il est plus que temps de le comprendre. Comprendre que le temps de la repentance est terminé. La France a dit ce qu’il y avait à dire et même parfois a excès sur la colonisation. La France a laissé dire à tort des horreurs sur l’armée française «génocidaire».
La France doit cesser de considérer l’Algérie comme un enfant mineur. Le peuple algérien est un peuple frère et adulte. Il assume comme tel, et comme nous, sa destinée et son histoire. Il se choisit comme nous les dirigeants qu’il veut ou qu’il peut.
Et c’est au nom de cette indépendance réelle et enfin assumée que la relation entre nos deux pays doit nécessairement et radicalement être repensée. Les accords internationaux qui restent à nous lier – comme ils lient classiquement notre pays avec tous les autres – doivent être intégralement retravaillés.
Sur les ressortissants des deux pays, sur la santé, sur l’accueil de ceux que nous souhaitons et la reprise des indésirables dangereux, sur la formation et l’emploi, sur le regroupement familial, sur les biens immobiliers, sur les avoirs financiers, sur les relations consulaires, sur la laïcité, sur la mosquée de Paris, sur les influences notamment numériques, sur la coopération dans la lutte contre le terrorisme islamiste, sur la coopération judiciaire, sur tous les sujets, il convient au premier ministre, seul, de suspendre – non de dénoncer – tous les accords avec l’Algérie et notamment les accords extraordinairement dérogatoires de 1968.
La moitié des enjeux migratoires français a lien avec l’Algérie. Il est temps pour l’Algérie de sortir de l’enfance et de la rente victimaire. Il est temps pour la France d’assumer son histoire et ses frontières.
La plus grande marque de respect que nous devons au peuple algérien – comme à tout peuple indépendant – c’est de le considérer comme un homologue et non une sous nation.
En résumé, la génuflexion passéiste a vécu. Elle n’a en réalité soyons lucides jamais fonctionné. Regardons désormais le cas échant ce que nous voulons faire ensemble demain.
La plus grande marque de respect que nous devons au peuple algérien – comme à tout peuple indépendant – c’est de le considérer comme un homologue et non une sous-nation.
Continuer à ne rien faire, à ne pas vouloir voir, à se soumettre aux humiliations, à nier la dimension culturelle, identitaire, démographique, sociale et sécuritaire des enjeux serait pire que tout.
Par ignorance, inculture, faiblesse, naïveté, paresse ou peur – notamment de troubles sociaux attisés au sein de notre communauté nationale par Alger, jouer une énième fois la carte de la riposte graduellement molle n’aura aucune chance de convaincre le président Tebboune et son entreprise de reculer.
Elle entraînera en revanche nécessairement la démission d’un des rares ministres marquants de ce gouvernement et donc la chute du premier ministre. Une telle hypothèse exposerait léthalement – dans notre si particulière configuration – le président de la République. Et ce au plus mauvais moment.
Alger achèverait ainsi ironiquement la Ve comme elle avait conduit à la chute de la IVe. Une crise diplomatique assumée vaut mieux qu’une crise de régime larvée. Il n’y a plus d’autres choix que le courage. Il est plus que temps de le comprendre. ■ FLORIAN BACHELIER
Nous avons eu la grande malchance d’avoir, géographiquement, l’Algérie en face de nous. Il ne fallait pas y aller, il ne fallait y aller, en tout cas, que pour mettre la route à ces barbares. et, après les avoir rasés, revenir chez nous.
« Nos actes nous suivent » écrivait Paul Bourget. Nous paierons éternellement l’idiotie de cette colonisation inutile et perverse.
Mille fois d’accord Pierre Builly ! Tout au plus fallait-il faire d’Alger un comptoir français. Et encore, de cela, je ne suis même pas sûr.
La colonisation républicaine fut une plaie dont nous souffrons toujours et n’avons aucune raison de nous glorifier.
La question, maintenant, est celle de Lénine : Que faire ?