
On sait que 80 % des Français s’en inquiètent, selon un sondage CSA pour CNews du 5 octobre 2022. « 80 %, cela commence à faire un sérieux contingent de complotistes », explique avec humour François Bousquet, auteur de la première enquête d’envergure sur le racisme antiblanc.
Par Pascal Meynadier.
Cet article composé d’extraits du nouveau livre de François Bousquet, Le racisme anti blanc, est paru au JDD du 2 avril. Nous le dédions aux obscurs négationnistes du seul racisme aujourd’hui actif en France qui est le racisme antiblanc.
Loin d’être un fantasme, le racisme antiblanc est un phénomène aussi massif qu’occulté. Pour la première fois, un livre rassemble une quarantaine de témoignages chocs. Extraits exclusifs.
Le racisme antiblanc a longtemps été classé comme une « théorie complotiste » voire « d’extrême droite », en tout cas « nauséabonde » et « controversée ». Les guillemets sont de rigueur quand on sait que 80 % des Français s’en inquiètent, selon un sondage CSA pour CNews du 5 octobre 2022. « 80 %, cela commence à faire un sérieux contingent de complotistes », explique avec humour François Bousquet, auteur de la première enquête d’envergure sur le racisme antiblanc. Pour lui, nul doute : « Nier l’existence du racisme antiblanc, c’est, en creux, l’autoriser. » Le journaliste s’en explique : « Il est temps de voir le réel et de le nommer sans détour. Oui, le racisme antiblanc existe. Il n’a rien d’une légende urbaine colportée par l’extrême droite. C’est même aujourd’hui un racisme aussi systémique que systématiquement nié par les grands médias. »
Aussi incroyable que cela puisse paraître, il n’existait à ce jour sur le sujet en France qu’un petit fascicule d’une cinquantaine de pages du sociologue Tarik Yildiz (Le Racisme antiblanc. Ne pas en parler : un déni de réalité, Puits de Roulle, 2010). C’est dire si le livre choc de François Bousquet est d’utilité publique ! Au fil d’une enquête minutieuse, le journaliste a rassemblé quarante témoignages, de vingt minutes à deux heures d’entretien, souvent accablants et, pour certains, absolument bouleversants. Le pire étant qu’il aurait pu en mener bien d’autres. « Dès que l’on commence à en dévider le fil, la pelote semble sans fin, raconte-t-il. Il y a des milliers, des dizaines de milliers de cas de racisme contre des Blancs, Français ou pas, chrétiens ou pas, juifs ou pas, athées ou pas. » Tous les témoignages de collégiens ou de professeurs qu’il a recueillis aboutissent à une nouvelle norme anti-Blancs qui structure les cours d’école dans les zones à forte immigration. Tabassages, lynchages, rackets et humiliations diverses sont devenus des « jeux » quotidiens à l’intérieur et aux abords des établissements scolaires, visant majoritairement les Blan
« En devenant Ibrahim, je passe de proie à prédateur »
Paul, alias Ibrahim, cité scolaire Lacassagne, Lyon 3e arrondissement
Lacassagne, les élèves d’origine maghrébine représentaient environ la moitié des effectifs. Si les parents étaient discrets, leurs gamins, eux, ne se privaient pas de faire du bruit, surtout les jeunes d’origine algérienne qui semblaient mettre un supplément de haine à nous détester. « Froms », « gwers », « gaouris », « gouérons » [« Blanc, Occidental », péjoratif, NDLR]…
Au fond, les étrangers, c’était nous. Mes parents ont mis du temps à comprendre que je me faisais racketter, mais quand ils l’ont enfin admis, ils ont pris rendez-vous avec le proviseur. Mauvaise idée ! Après quelques remontrances, le racket et les insultes ont redoublé. C’est à partir de là que je commence à sécher les cours. Je traîne dans la rue, mais sans faire de conneries. Peu à peu je bascule de l’autre côté. Je commence à traîner avec des racailles du quartier, des gars plus vieux que moi, tous Maghrébins. Ils me connaissent de loin et m’acceptent, mais à condition que je joue le jeu, que je devienne une racaille. Je m’y plie, au point que je commence à me faire appeler Ibrahim. Mes traits physiques s’y prêtent.
Les « victimes » intègrent la communauté, elles ont le statut de dhimmi
En devenant Ibrahim, je passe de proie à prédateur. Jusque-là, j’avais morflé. Désormais, c’était aux autres de morfler. Ce que je subissais, je vais le faire subir. Je n’en suis pas fier, mais je me souviens avoir appelé des Français « gouérons ». Je pouvais dire à mes potes arabes : « Tiens, regarde le gouéron, il a une chaîne en or ! » L’un de nous lui faisait une balayette, l’autre lui arrachait sa chaîne. Une autre fois, on balançait un coup de poing gratuitement, juste parce que le gars était blanc. Le reste du temps, on se contentait d’insultes racistes.
« La norme, c’est l’assimilation à l’envers »
Younes H., professeur à Argenteuil
À Argenteuil, il peut y avoir deux ou trois élèves blancs ou d’origine européenne par classe. Dans l’écrasante majorité des cas, ils sont aspirés par le milieu qui les environne. Dès lors, le racisme antiblanc ne va pas s’exprimer de manière nominale, directement sur eux, mais sur les « Français » en général. La norme, c’est plutôt l’assimilation à l’envers. Elle résout au cas par cas la question du racisme antiblanc. Les « victimes » intègrent la communauté. Elles ont le statut de dhimmi, sans aller jusqu’à la conversion. Si elles ne le font pas, il y a systématiquement violence. L’imprégnation culturelle est si forte qu’il est quasi impossible de s’y soustraire. Par exemple, des élèves non convertis refusent de manger du porc. Voilà pour les cas généraux. Mais j’ai été confronté à trois contre-exemples. Un élève blanc d’abord qui, au collège, se faisait insulter, tabasser et racketter. Au lycée, il est devenu pire que le pire des caïds, c’est-à-dire ultraviolent avec tout le monde, dont le corps enseignant, jusqu’à venir à l’école avec un taser. Une Française ensuite, il y a deux ans. Elle est restée l’année durant seule, étant l’objet de vexations permanentes.
Malheureusement, lors de la fête de fin d’année scolaire, elle a été violée par plusieurs de ses camarades. L’affaire a été enterrée. Elle-même n’a pas porté plainte, je ne sais pour quelle raison. Le dernier est le cas d’un Franco-Israélien qui a dû quitter le lycée aux vacances de la Toussaint 2023, tant il était harcelé après les attaques du 7 octobre, alors que c’était un garçon qui n’avait jamais fait étalage de sa confession.
« Seule la soumission vous sauve »
Camille, collège Jean-Moulin, Montreuil, fin des années 2000
Il n’y avait plus rien de féminin en moi. C’était déjà La Journée de la jupe avec Isabelle Adjani. Impossible de montrer ses jambes. C’étaient immédiatement des harcèlements incessants. Il arrivait que des gamins d’origine africaine chapardent des couteaux à la cantine. L’un d’entre eux en avait mis au niveau du cou d’une jeune fille dans ma classe. Le simple fait que je lui dise de ne pas faire une telle chose m’avait valu d’être menacée de mort. Tout pouvait déraper très rapidement à partir d’un quiproquo. Nous étions en sixième deux Blancs. Il y avait une violence per-ma-nen-te. Les gamins faisaient (et subissaient aussi tous) ces « jeux » qui consistent à se taper plus ou moins violemment par surprise. Aucun moment de paix mentale. Il fallait être constamment sur ses gardes.
L’écrasante majorité des profs ne parvenaient pas à tenir leur classe. Certains étaient même terrifiés par les élèves (j’entends : physiquement terrifiés). Le rapport d’autorité était totalement inversé avec des gamins de 11-12 ans. Dans la cour du collège, il y avait un tableau Velleda qui égrenait tous les matins la liste des profs absents. Certains jours, il n’y avait pas de cours. Quand on vit dans cet environnement d’extrême minorité, on comprend vite qu’il ne faut pas être fort ou tenir tête. Beaucoup de discours de droite très virilistes m’amusent parce qu’ils émanent de gens qui n’ont jamais vécu en totale minorité, ce qui a été mon cas à l’entrée en sixième.
Seule la soumission vous sauve. Faire profil bas. Ce n’est que plus tard qu’on conscientise. Sur le moment, il n’y a pas d’échappatoire, même si on finit par se radicaliser, forcément, parce qu’on est en minorité dans notre propre pays.■ PASCAL MEYNADIER

Voilà, tout est dit.
C’est le principe de la dhimmitude ,le dhimmi, le non musulman, pour sa protection doit faire profil bas si non c’est la mort.
Ds mon lycée, dans les classes majoritairement non blanches( stmg) c’est une réalité la dhimmitude.