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Elle a bon dos parce que l’Algérie n’est forte que de notre faiblesse, et elle ne s’est montrée si arrogante durant ces six décennies qu’en raison du profil bas que nos élites ont adopté, comme si nous avions à nous excuser de quoi que ce soit…
Par François Marcilhac.
Je n’hésite pas à l’affirmer : ces jours-ci, l’Algérie a bon dos. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Moins que tout autre, nous sommes enclin à l’indulgence à l’égard de cette dictature polycéphale, de ce régime hétérogène (politique, militaire, religieux), de ce régime corrompu issu d’une indépendance bâclée et qui a vu depuis soixante-trois ans s’appauvrir considérablement une nation riche et prospère au temps de la présence française. Du socialisme, le peuple algérien n’a connu et ne connaît encore qu’une nomenklatura qui se gave et une maigre politique d’assistance, tandis que s’aggrave le poids pesant d’un islamisme chaque jour plus intolérant. Les libertés fondamentales sont bafouées par un pays légal d’un rare cynisme qui, à son corps défendant, démontre à chacune de ses exactions, comme la prise en otage de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, son impuissance à créer une nation algérienne. Car, depuis soixante-trois ans, avec une accélération depuis quelque temps, que prouvent d’autre les gouvernants algériens avec cette hostilité, cette haine à l’encontre de la France, sinon que l’Algérie n’avait de principe d’unité que dans l’ancienne puissance métropolitaine et que les faux vainqueurs de 1962 n’ont pas su fonder sur des bases politiques une identité algérienne que les luttes fratricides de l’indépendance et six décennies de guerres civiles, de terrorisme, de corruption, de paupérisation et de captation des richesses ont empêché d’émerger dans la paix et la concorde. La haine de la France est le ciment actuel de l’Algérie. C’est du moins le seul ciment que l’actuel pays légal algérien a à proposer à une jeunesse à laquelle il ne sait pas offrir d’avenir et qui souhaite toujours partir, notamment pour l’ancienne puissance dite coloniale : signe d’un échec flagrant, d’un désastre existentiel, qui n’est pas sans conséquences pour nous.
L’Algérie n’est forte que de notre faiblesse
Et pourtant, nous le répétons, l’Algérie a bon dos. Oui, en dépit de sa prise en otage de Boualem Sansal, en dépit de ses refus répétés de reprendre ses ressortissants en situation irrégulière, dont certains, comme à Mulhouse tout récemment, commettent des assassinats ou tentatives d’assassinat à caractère terroriste, en dépit de ses insultes grossières et de ses mensonges éhontés, en dépit de cette « rente mémorielle » qui résume tout car c’est sur elle, effectivement, qu’est fondé le système politico-militaire algérien, une rente que l’inconséquent Macron s’est décidé à dénoncer en 2021 après s’être aplati devant Alger durant de trop longues années, jusqu’à diffamer l’histoire de France, oui, en dépit de tout cela, l’Algérie a bon dos. Elle a bon dos parce que l’Algérie n’est forte que de notre faiblesse, et elle ne s’est montrée si arrogante durant ces six décennies qu’en raison du profil bas que nos élites ont adopté, comme si nous avions à nous excuser de quoi que ce soit durant nos 130 ans de présence et de mise en valeur de ces riches territoires dont Rome, auparavant, avait déjà su faire le grenier à blé de son empire, la France suivant ses traces dix-huit siècles plus tard. Qu’en a fait le régime algérien ? « L’Algérie transformée en dépotoir des produits importés : le gâchis du régime algérien », dénonçait en 2020 le site d’investigation Algérie Part. Des élites « décoloniales », structurellement honteuses, dénonçant une France criminelle, nécessairement criminelle et donc débitrice, nécessairement débitrice ; des élites économiques intéressées par une main-d’œuvre à bas coût… ; des élites politiques aveugles sur les conséquences de leur politique d’ouverture : le fameux traité de décembre 1968 n’a pas d’autres origines. Ni la présence de millions d’Algériens en France. Ni la situation actuelle, dramatique pour la paix civile de notre pays, voire pour notre sécurité extérieure.
Oui, l’Algérie a bon dos aussi parce que ce qui dépend d’elle ne représente, en fait, quasiment rien par rapport à ce qui dépend de nous et que ce rapport de force inversé est le fruit d’aveuglements multiples et d’un esprit de soumission et de lâcheté. Elle est également le fruit de notre exigence morale à être toujours davantage le pays-des-droits-de-l’homme, jusqu’à favoriser chez nous les facteurs conduisant à l’aggravation de la délinquance, voire au terrorisme, dans un irénisme pathologique qui autorise une autre inversion des valeurs : le coupable est nécessairement le pays hôte parce qu’il n’en fait jamais assez ; ce n’est jamais l’immigré, l’étranger, le migrant. Avec, toujours sur le plan idéologique, cette autre pathologie, celle de l’excuse, qui a envahi nos élites, notamment judiciaires, nos politiques faisant passer des lois laxistes et signant des traités, internationaux et européens, qui entravent aujourd’hui toute action déterminée.
Des ruptures radicales à assumer
Oui, l’Algérie a bon dos, parce que si Retailleau l’accable à ce point, c’est qu’il sait d’avance que le Gouvernement auquel il appartient ne fera rien et qu’il est donc moralement complice de cette inaction. Ministre de la parole, par ses gesticulations verbales, il détourne l’attention des Français de la gravité de la situation par des accusations qui ne sont pas sans fondements, puisqu’elles reposent sur la vérité, mais qui sont sans portée. Car la gravité de la situation, c’est l’impuissance légale, et donc réelle dans un État de droit, dans laquelle nos politiques ont placé volontairement la France. D’où, devant les innombrables efforts à réaliser, devant les perspectives de ruptures radicales à assumer, un refus d’agir. Que Retailleau dise ouvertement la vérité aux Français : que toute politique ferme en matière de délinquance, de terrorisme, d’immigration et d’OQTF nécessitera préalablement de voter, nous le répétons, des lois de rupture avec une conception pervertie des droits de l’homme, et donc avec notre constitution et un Conseil constitutionnel qui favorise cette perversion du droit, nécessitera donc aussi de dénoncer des traités, de conduire des politiques fermes et implacables, vis-à-vis de certains pays étrangers, mais aussi, et surtout en France. Car il s’agit de se donner les moyens de contrôler tout le territoire national, les « quartiers » en priorité. Or, quand des gouvernants tremblent devant quelques centaines d’émeutiers, à tel point qu’ils exigent des forces de l’ordre qu’elles les laissent librement commettre leurs exactions, quand des gouvernants attendent des trafiquants de drogue, qui régentent ces quartiers, qu’ils sonnent la fin de la récré, alors oui, on ne s’étonnera pas que ce même pays légal refuse, compte tenu de la présence de millions d’Algériens en France, à dénoncer le traité de 1968 ou à prendre d’autres mesures à l’encontre de l’Algérie.
Plus vous entendrez ces jours-ci dénoncer l’Algérie, plus l’Algérie « aura bon dos », plus vous pourrez être convaincu que notre gouvernement refuse et refusera de prendre les mesures qui s’imposent. ■ FRANÇOIS MARCILHAC
Courageux.
En colonisant la Gaule, Rome lui a permis de devenir siècle après siècle, le magnifique pays qu’elle était il y a encore quelques décennies.
Une condition essentielle était d’assumer cette influence Romaine.
C’est ce que l’Algérie n’a pas voulu faire. Pour son malheur.
La colonisation est un bienfait, une chance, pour qui sait le reconnaître.